Pourquoi autant de personnes âgées de 130 ans en Chine ne sont-elles pas reconnues par le Guinness ?

N’oubliez pas : la recette de la longévité consiste toujours à déclarer un âge erroné. Dans les années 1980, il y a eu une fois un recensement de la population. À cette occasion, on a vu apparaître beaucoup de centenaires, et même de nombreux « villages de centenaires ».

Une équipe d’enquête a été envoyée rendre visite à un homme de 130 ans. L’enquêteur demande : « Quel âge a votre fils ? » Il répond : « 90 ans. » Puis l’enquêteur demande : « Et votre petit-fils, quel âge a-t-il ? » Il répond : « 30 ans. » L’enquêteur demande alors : « Votre fils n’a eu un enfant qu’à 60 ans, c’est bien ça ? » Le vieil homme commence à hésiter et à ne plus savoir quoi dire.

Après avoir visité plusieurs foyers, l’enquêteur s’aperçoit que, dans la plupart des cas, les centenaires fonctionnent ainsi : ils n’ont aucune notion de leur âge. Ils se disent : « J’ai déjà des petits-enfants, donc j’ai forcément au moins 100 ans. » Et comme le chiffre « 100 » porte chance, ils annoncent officiellement qu’ils ont 100 ans. On ne peut pas faire autrement. À l’époque, le système des autorisations d’enregistrement (户口) n’était pas encore bien réglementé : lors de la première vague d’enregistrement, on inscrivait l’âge que la personne déclarait, et le policier le notait tel quel.

Une autre situation, c’est celle du village de longévité de Bama, par exemple. Pourquoi les personnes âgées du village sont-elles toutes très âgées ? Parce que, là-bas, les personnes ayant plus de 80 ans peuvent toucher 30 yuans par mois, et celles ayant plus de 90 ans touchent 50 yuans par mois. À tes yeux, cette somme ne représente peut-être pas grand-chose, mais elle suffit à ce que les personnes âgées du coin adoptent une même version.

En résumé : dans tous les cas, tout vient de l’intérêt.