Il y a plus de vingt ans, pour l’examen d’entrée au collège (petite section), on avait congé et je ne savais pas où aller étudier. Mes parents étaient illettrés, et ils ne comprenaient pas non plus comment trouver une école.
À l’époque, on s’inscrivait soi-même. Si on avait de moins bons résultats, il fallait apporter un petit cadeau, mais, en règle générale, on pouvait quand même y entrer.
Moi et un camarade, à deux, on partageait un seul vélo : une journée, on a parcouru 80 kilomètres. À une heure très tardive, on est arrivés devant l’école, et on se tenait là, discrètement, en catimini. Le concierge, voyant ça, n’a pas pu s’empêcher d’ouvrir et de nous demander ce qu’on faisait.
On a répondu sans honte : « On veut voir le proviseur. On veut étudier ici. D’abord on s’inscrit, ensuite c’est à nos parents de venir payer. » On a discuté longtemps avec le concierge. Il nous a dit les dates d’inscription : il fallait simplement venir. Tant qu’on s’inscrivait, on pouvait entrer. Les élèves dont la famille était dans la difficulté étaient même exemptés de frais de scolarité. Il nous a aussi laissés passer la nuit dans le local du portier.
Plus tard, j’ai appris que cette école était très réputée dans la ville, et que même en payant, ce n’était pas facile d’y être admis. Nous y avons étudié pendant 3 ans, et en réalité on n’a jamais payé de frais de scolarité. Les résultats étaient corrects, mais pas exceptionnels. L’école ne réservait chaque année que trois places pour des élèves pauvres : sur une année, nous deux en occupions deux.
Arrivés au lycée, on continuait souvent à écrire des lettres à ce vieil homme. Bien que ce n’étaient que des babillages d’enfants, à chaque fois on recevait une réponse, et en plus c’était une écriture au pinceau.
Lors de notre stage en quatrième année d’université, il est décédé. Le directeur du collège, lui, nous a contactés de lui-même, en disant qu’on devait aller assister aux funérailles.
Le plus grand BUG de ce monde, c’est comme un enfant qui vient juste de commencer à s’éveiller à la vie : dans un endroit inconnu, il rencontre un inconnu. Il est prêt à vous aider, vous, un parfait inconnu, puis à disparaître de votre monde.
On dirait que son existence n’avait qu’un but : dans le moment le plus sombre, sur une route semée d’épines, porter la lumière d’une lampe. Quand la lampe s’éteint, la destinée se sépare.
À l’époque, on s’inscrivait soi-même. Si on avait de moins bons résultats, il fallait apporter un petit cadeau, mais, en règle générale, on pouvait quand même y entrer.
Moi et un camarade, à deux, on partageait un seul vélo : une journée, on a parcouru 80 kilomètres. À une heure très tardive, on est arrivés devant l’école, et on se tenait là, discrètement, en catimini. Le concierge, voyant ça, n’a pas pu s’empêcher d’ouvrir et de nous demander ce qu’on faisait.
On a répondu sans honte : « On veut voir le proviseur. On veut étudier ici. D’abord on s’inscrit, ensuite c’est à nos parents de venir payer. » On a discuté longtemps avec le concierge. Il nous a dit les dates d’inscription : il fallait simplement venir. Tant qu’on s’inscrivait, on pouvait entrer. Les élèves dont la famille était dans la difficulté étaient même exemptés de frais de scolarité. Il nous a aussi laissés passer la nuit dans le local du portier.
Plus tard, j’ai appris que cette école était très réputée dans la ville, et que même en payant, ce n’était pas facile d’y être admis. Nous y avons étudié pendant 3 ans, et en réalité on n’a jamais payé de frais de scolarité. Les résultats étaient corrects, mais pas exceptionnels. L’école ne réservait chaque année que trois places pour des élèves pauvres : sur une année, nous deux en occupions deux.
Arrivés au lycée, on continuait souvent à écrire des lettres à ce vieil homme. Bien que ce n’étaient que des babillages d’enfants, à chaque fois on recevait une réponse, et en plus c’était une écriture au pinceau.
Lors de notre stage en quatrième année d’université, il est décédé. Le directeur du collège, lui, nous a contactés de lui-même, en disant qu’on devait aller assister aux funérailles.
Le plus grand BUG de ce monde, c’est comme un enfant qui vient juste de commencer à s’éveiller à la vie : dans un endroit inconnu, il rencontre un inconnu. Il est prêt à vous aider, vous, un parfait inconnu, puis à disparaître de votre monde.
On dirait que son existence n’avait qu’un but : dans le moment le plus sombre, sur une route semée d’épines, porter la lumière d’une lampe. Quand la lampe s’éteint, la destinée se sépare.
