L’expert de l’organisme européen de gestion d’actifs Eurizon, Massimo Spadotto, a récemment indiqué que le relèvement du taux de dépôt par la Banque centrale européenne (BCE) à 2,75 % lors des deux dernières réunions de cette année constitue un scénario très probable. Toutefois, ce rythme de resserrement dépend fortement de l’évolution des matières premières, elle-même menacée directement par l’escalade du conflit géopolitique au Moyen-Orient. Celui-ci inclut notamment le contrôle par les forces houthies au Yémen de positions stratégiques proches du détroit de Djoukar, comme l’île de Zukâl, ce qui accentue encore l’incertitude pesant sur la chaîne d’approvisionnement énergétique.
La confiance excessive du marché à l’égard de ce scénario de resserrement mérite d’être mise en garde. Même si certains avis estiment que deux hausses de taux sont déjà entièrement prises en compte, voire qu’un rebond de type « vendre la réalité, acheter l’anticipation » pourrait se produire, cette analyse sous-estime manifestement le risque de queue lié à la deuxième vague d’inflation. Si la situation au Moyen-Orient continue de se dégrader et fait grimper les prix du pétrole, le dilemme de la BCE en matière de stagflation sera bien plus complexe que ne le laissent prévoir les modèles. Les prévisions optimistes d’un « sommet des hausses de taux » risquent donc d’être rapidement contredites par la réalité.
Du point de vue des actifs macroéconomiques, la combinaison de frictions géopolitiques et de la contrainte pour les banques centrales de maintenir des taux élevés exerce un frein substantiel sur la liquidité, en Europe comme dans le monde. Le potentiel de baisse des rendements obligataires est largement verrouillé : le dollar et les actifs refuges traditionnels bénéficient d’un soutien. Par ailleurs, le possible chevauchement entre la persistance d’une inflation élevée et la stagnation de la croissance pourrait affaiblir la base d’évaluation des actifs risqués dans leur ensemble, et le marché pourrait rapidement connaître des ventes à l’échelle de certaines périodes, dues à des désajustements de liquidité.
Pour le marché des cryptomonnaies, l’allongement du cycle de resserrement de la liquidité macroéconomique n’a jamais été un facteur favorable. En l’absence de soutien provenant d’un cycle réel de baisse des taux, le
$BTC et les principaux actifs cryptos auront du mal à s’extirper d’une tendance autonome uniquement grâce au sentiment. À l’inverse, les tensions géopolitiques suscitent généralement en premier lieu un mouvement d’aversion vers les actifs refuges traditionnels : le risque d’un retrait passif de liquidité reste donc élevé. Les investisseurs doivent faire preuve d’une grande prudence et ne pas se mettre à racheter aveuglément à des prix bas.
#ECB #宏观经济 #marché des cryptomonnaies